.png)
Une haie de thuyas ou de laurelle est un mur vert : dense, uniforme, et à peu près stérile pour la faune de nos régions. Une haie d’arbustes indigènes, elle, fleurit, fructifie, se colore, et nourrit ou abrite une quantité remarquable d’oiseaux et d’insectes. Et le moment idéal pour la planter, c’est maintenant.
Pourquoi l’automne, pourquoi à racines nues
En novembre, les arbustes entrent en repos : ils supportent très bien la transplantation. Plantés avant l’hiver, ils profitent des pluies pour émettre de nouvelles racines et démarrent au printemps déjà installés. C’est aussi la saison des plants à racines nues, vendus sans pot ni motte : nettement moins chers, plus légers à manipuler, et d’une reprise excellente quand on les plante dans les règles.
Quelles espèces choisir
Quelques valeurs sûres pour le Plateau fribourgeois, à combiner selon votre sol :
- La viorne obier (Viburnum opulus) : fleurs blanches en mai, baies rouge vif en automne, superbes couleurs d’octobre. Préfère les sols frais.
- La viorne lantane (Viburnum lantana) : sa cousine des sols secs et calcaires, au feuillage duveteux, très accueillante pour les insectes.
- Le cornouiller sanguin (Cornus sanguinea) : rameaux rouges en hiver, baies noires appréciées des oiseaux. Robuste, il pousse à peu près partout.
- Le fusain d’Europe (Euonymus europaeus) : ses fruits rose et orange, spectaculaires en automne, régalent rouges-gorges et fauvettes.
- Le noisetier (Corylus avellana) : ses chatons offrent dès février le premier pollen de l’année aux abeilles sauvages — sans parler des noisettes.

Les gestes qui comptent
Comptez un plant tous les 80 centimètres à un mètre, en quinconce si la haie a deux rangs. Creusez large plutôt que profond, taillez proprement les racines abîmées, et pralinez-les — un bain de boue argileuse qui favorise nettement la reprise. Le collet, la zone de transition entre racines et tige, doit affleurer le sol : ni enterré, ni surélevé. Tassez, arrosez copieusement même s’il pleut, puis paillez le pied avec des feuilles mortes — elles ne manquent pas en ce moment.
Ensuite ? Presque rien. Un arrosage lors des périodes sèches du premier été, et la patience de laisser la haie devenir elle-même, en la taillant peu et jamais partout la même année.
David Ruffieux
Vous hésitez entre les espèces, ou votre terrain vous semble compliqué ? C’est justement notre métier de choisir la bonne plante pour le bon endroit. Parlons de votre jardin


