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Hortus Vivus
Parlons de votre jardin
Le Journal — AutomneConseil de saison

L’automne au jardin vivant : tailler moins, observer plus

Octobre est traditionnellement le mois du grand nettoyage : on coupe, on ratisse, on évacue. C’est pourtant maintenant que le jardin prépare ses quartiers d’hiver — et il a surtout besoin qu’on lui en laisse.

Têtes de graines sèches de tanaisie debout sous le givre, en contre-jour doré sur la neige
Pl. I Tanaisie sous le givre

Une tige sèche de cardère ou de marguerite, en octobre, n’est pas un déchet. C’est un dortoir. De nombreuses abeilles sauvages passent l’hiver dans les tiges creuses ou moelleuses ; des chrysalides de papillons sont suspendues, discrètes, dans la végétation dressée ; les graines restées en place nourriront chardonnerets et mésanges pendant les mois maigres. Couper tout cela en automne, c’est vider le garde-manger et raser les abris au moment précis où ils servent.

Trois gestes en moins

Laisser les tiges debout. Les massifs de vivaces et les coins de prairie non fauchés peuvent rester tels quels jusqu’en mars ou avril. Le givre sur les ombelles sèches est, en prime, l’un des plus beaux spectacles de l’hiver.

Laisser les feuilles mortes — au moins quelque part. Sous les haies et les arbustes, elles protègent le sol, nourrissent les vers de terre et abritent une multitude de petites bêtes. Un tas de feuilles dans un angle tranquille peut accueillir un hérisson pour l’hiver. On dégage évidemment la terrasse, les cheminements et le gazon : tout est question d’endroit.

Tapis dense de feuilles d’érable dorées aux tons chauds, en plein cadre
Pl. II Tapis de feuilles d’érable

Garder le bois mort. Une branche tombée, une souche, quelques bûches empilées à l’ombre d’une haie : champignons, insectes et, avec un peu de chance, un troglodyte ou un lézard s’en serviront bien mieux que la déchetterie.

Et le regard des voisins ?

C’est souvent la vraie question. Un jardin où l’on intervient moins peut vite passer pour un jardin négligé — et personne n’a envie de cette réputation. La différence tient à peu de chose : un cadre soigné. Une bande tondue le long du chemin, une bordure nette devant la zone laissée haute, un tas de bois bien empilé plutôt qu’éparpillé. Le même espace « sauvage », encadré proprement, se lit immédiatement comme un choix et non comme un oubli.

Et puis, il y a l’argument le plus convaincant : montrer. Un rouge-gorge qui fouille les feuilles mortes, des mésanges suspendues aux tiges sèches — le jardin plaide pour lui-même, souvent mieux que nous.

David Ruffieux

Vous aimeriez savoir quoi garder, quoi couper, et où placer le curseur chez vous ? C’est exactement le genre de question qu’une première visite permet de régler. Parlons de votre jardin

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érable champêtre (Acer campestre), cornouiller sanguin (Cornus sanguinea), viorne obier (Viburnum opulus) et aubépine à un style (Crataegus monogyna). Crédit : Michel Fautsch.
Pl. III Érable champêtre (Acer campestre), cornouiller sanguin (Cornus sanguinea), viorne obier (Viburnum opulus) et aubépine à un style (Crataegus monogyna). Crédit : Michel Fautsch.

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Prairie mi-haute de marguerites et de graminées dans une lumière douce, arrière-plan boisé flou
Pl. IV Sauge des prés - Salvia pratensis -

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